Le management toxique : le détecter pour mieux le combattre

09 octobre 2021

Il est des pratiques managériales qui vont à l’encontre du bien-être au travail, mais ne sont pas pour autant reconnues comme du harcèlement par les juges. À court terme, certaines d’entre elles sont même redoutablement efficaces sur le plan économique, mais se révèlent délétères pour ceux qui les subissent. Cet article va montrer que la toxicité du management, forme de violence sourde et parfois invisible, gagne à être identifiée et combattue avant que les dégâts ne soient irréversibles.

1  Le management toxique : définition et limites

« Michelin veut se débarrasser de ses managers « toxiques » » est le titre d’un article publié par Le Monde. Lancé comme un pavé dans la mare de l’impunité, certains managers ont sans doute commencé à s’inquiéter pour leur sort, comme ce fut le cas pour des personnes visées par les mouvements « balance ton porc » ou « metoo » qui ont mis un coup d’accélérateur à la lutte contre le harcèlement sexuel.

« On ne peut plus rien dire ! », entend-t-on souvent dans les formations au management qui se veut désormais bienveillant… comme s’il était nécessaire de le préciser. Or, force est de constater qu’il faut encore beaucoup de pugnacité et de pédagogie pour faire comprendre à certains managers que la malveillance est non seulement délétère mais aussi improductive. Manager sans bienveillance détériore la santé des collaborateurs et les rend moins efficients : cette évidence n’est plus à prouver.

Le management toxique est difficile à caractériser car il n’existe pas de définition juridique. Il peut apparaître à deux niveaux :

– macro : quand l’ensemble de l’organisation est concerné par des méthodes de gestion délétères, sous-tendues par des processus et des comportements malsains ;

– micro : un individu peut adopter des comportements toxiques, indépendamment de l’environnement dans lequel il exerce, voire en contradiction totale avec les valeurs de l’entreprise qui sont pourtant respectées par ses collègues.

  • 1.1 Un management qui flirte avec le harcèlement
    La frontière avec le harcèlement moral est ténue. Le management toxique peut être qualifié en harcèlement si les agissements sont répétés, s’ils détériorent les conditions de travail de manière à porter atteinte aux droits et à la dignité des collaborateurs, d’altérer leur santé physique ou mentale ou de compromettre leur avenir professionnel. Les agissements peuvent être le fait d’une personne, d’une équipe ou d’un système de gestion et ils peuvent viser une personne, un groupe ou une catégorie de personnel. Même si le harcèlement ne peut pas être caractérisé, les effets du management toxique sur les collaborateurs peuvent être de la même ampleur.À l’instar du harcèlement moral, un management peut être toxique sans que l’intention de nuire ne puisse être établie. Les agissements peuvent être délibérément malveillants, mais ils peuvent aussi ne pas entrer dans le champ de la conscience de son auteur, tout comme il peut arriver à chacun de blesser une personne de son entourage sans s’en rendre compte. L’arrêt des agissements, le réajustement des pratiques, voire l’expression de regrets ou d’excuses peuvent permettre de classifier des actes dans la catégorie de la maladresse managériale. À moins d’être pervers ou de souffrir d’une pathologie mentale, un manager qui a été alerté de la nocivité de ses comportements essaie de ne pas les répéter et cherche à améliorer ses pratiques.

Un article écrit par Isabelle Hornecker pour AFNOR Bivi Environnement, octobre 2021

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